mardi 7 août 2007

Libera Me

Avant dernier film de ma sélection présentée dans ce post
j'ai mis beaucoup de temps avant d'éditer celui ci car il m'en a fallu pour "digérer" ce "Libera Me"... c'est que ce n'est pas du petit lait... merci Joyele au passage pour cette proposition qui reste avec Norway Of Life l'un des films qui m'a le plus interpellée... pour d'autres raisons cependant...

Libera Me - Alain Cavalier (1993) ma note: 12/20
Artistiquement :
film qui ne témoigne d'aucune langue "vivante" avec un titre en latin qui est de surcroit le début d'une phrase liturgique: Libera Me, Domine, de morte aeterna... du latin (libère moi, Seigneur, de la mort éternelle)... un titre en latin, langue universelle...
Première particularité: pas de casting prestigieux. Les rôles ici, n’ont même pas de nom.
La deuxième, il est non parlant, non sonore en terme de musique et non de bruitages qui eux ont presque la place de "rôles" principaux... le dépouillement est poussé à son paroxysme en véritable réquisitoire muet au service d’un témoignage sur l’oppression. Jamais on ne voit le jour, jamais on ne voit en totalité un lieu. Le récit est universel : en plus d’être silencieux, il est détaché de toute époque, de tout lieu géographique.
Et pourtant, récit il y a, une véritable gageure de la part du réalisateur. Alain Cavalier emploie à dessein les subtilités de la technique cinématographique, gros plans, plans fixes du visage, d’une main bandée, couleurs neutres pas innocentes, scènes toujours en intérieur et très découpées, et parvient à instaurer, par le seul biais des images, une "narration" et une intensité dramatique. L’évolution est sensible, subtile et palpable, par la seule mise en scène à la fois crue et elliptique, de la dictature à la torture, de l’oppression à la solidarité, de la résistance à la révolte. Etrange et douloureuse leçon de cinéma, d'humilité... émouvante radioscopie de l’humanité. Au spectateur, de dater et situer, ce que, curieusement, certains ne peuvent s’empêcher de faire, tant sont nécessaires des repères, même très personnels face à tant de messages de tolérance mais aussi de souffrance… personnellement, je n’éprouve pas ce besoin de « placement » dans le temps et/ou l’espace... j’ai pris ce film comme il était livré… Partout dans le monde, "Libera me" peut trouver sa signification, sa justification.
Une œuvre oppressante mais non dénuée d’espoir, qui a obtenu au Festival de Cannes 1993 le prix du Jury Œcuménique. Une autre de ses qualités est de n’être ni ennuyeuse, ni prétentieuse…

Ce qui fait que je lui donne une note si peu représentative de mon analyse, c’est que je garde malgré tout la sensation insupportable d’être passée à coté de l’œuvre… et pas qu’un peu hein… outre les qualités artistiques que je pense être en mesure de reconnaître, je suis restée sur le bord de la route à faire du stop dans l’espoir complètement fou de trouver un véhicule qui me mènerait à la compréhension de ce film… et ce ne fut pas le cas… je garde une sensation fort frustrante d’impéritie totale liée à un manque de connaissances, d’ouverture, où la boulimique de films que je suis se prend en pleine face son air d'Harriet Potter cinéphile… bobo... et encore… je suis généreuse avec mon cas… je pense que dans quelques années je serai plus à même d’apprécier ce film à sa juste valeur… j’aime à le croire en tous cas… ma note est donc en fait une pure vengeance… bah voui…

Résumé :
Sans un mot, sans un bruit, des hommes et des femmes évoluent dans un décor tout simple. Peu à peu, il semble que les uns et les autres soient victimes d’une dictature. Le danger se précise. Dans ce pays, le régime en place pratique la torture, les arrestations. Mais entre ces êtres opprimés, apeurés, la solidarité naît. Par le biais de mains qui se joignent. Un mouvement de résistance paraît se créer, qui va parvenir à mettre fin à la terreur et à anéantir l’oppresseur.

7 commentaires:

claudio a dit…

Si j'ai bien compris, la note de 12/20, c'est pour la spectatrice par pour le film.
Loin d'être un spécialiste, j'ai le souvenir de films de Cavalier qui "pénètrent" ; alors si nous passons à côté, eux ne nous ratent pas.

Sijavéssu a dit…

bah nan Clodio z'avez pas capté... ça ne peut qu'être POUR le film PAR la specatrice... qui se venge... oui oui...
pour ne pas nous rater, c'est clair... ils ne nous ratent pas...

joyele a dit…

J'ai vu deux films de Cavalier, Thérèse et Portraits (au festival des docs de Marseille, il y a une dizaine d'années). Depuis j'y pense continuellement, car j'éprouve à leur égard un sentiment paradoxal et désagréable :
d'une part la sensation de ne pas "aimer" ces films et d'autre part l'intuition que c'est "ça " le cinéma. Pas "aimer", peu importe... Mais, pour le reste, ce qui me semble central et m'interroge c'est le travail de réfléxion (le terme est impropre) sur les corps: ce dépouillement (dont tu parles très bien) qui atteint l'insoutenable; la sensation que c'est au travers des écorchures qu'apparaît la réalité des corps. Je te remercie pour ce blog qui enrichit un fil intérieur un peu précaire.
Joyele

Lemecderachel a dit…

Non seulement tu te réveilles en retard mais en plus tu ne fais rien sur ton blog.Que fais tu de tes nuits??? Encore du cinéma ????? .Je t'attends pour les municipales et a l'heure s'il te plait. Une équipe qui te veux du bien.

Sijavéssu a dit…

Ah ça nan alors, toi tu me veux du mal c'est sur !! heureusement Rachel veille...
Je ne peux pas être soeur Téresa le jour, Rocco la nuit et écrire sur ce blogo, faut savoir ce que l'on veut hein... okayyyy? mouhaha
la fin de ton msg je ne te lis plus, je ne t'entends plus, je ne te vois même plus... muni... ci...pal?? koicéça? un nouveau mot...?

ange a dit…

bravo pour ce blog simple est intelligent je prend du plaisir à lire tout ça bizzz

Sijavéssu a dit…

Oh un Ange par ici... bah merci beaucoup, tu es le bienvenu ici... :))