samedi 22 novembre 2008

Le fils de l'ange...



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Lourde hérédité que de s'appeler Le fils de l'ange pour partir à l'assaut de la vie... Pourtant, ça n'a pas empêché Théo Angelopoulos de se faire une place au paradis des ailés de la petite image qui bouge...
Pas particulièrement fan du réalisateur (je vais me faire des amis là !!), j'ai tout de même voulu l'entendre, car il m'est arrivé plusieurs fois de changer d'avis après avoir entendu un artiste... et cela aussi bien dans un sens que dans l'autre... Malheureusement pour ce vénérable Théo, je n'ai pas été transcendée par sa prestation... rien dans son discours ne m'a perturbée, attirée, émue, interpellée, fait rire, grimacer, réfléchir... bref, de la normalité on ne peut plus banale... Eh oui je sais, c'est très tendance de critiquer ceux qui critiquent et cherchent plus de qualité... Ma qualité passe par l'originalité, là aussi désolée, mais c'est un trait de créativité qui me fascine et m'interpelle... J'ai rarement été déçue par une forte originalité créative...
Côté organisation, essai non transformé pour le Mercury qui a enchainé bourdes sur bugs informatiques et erreurs dans la projection des passages de films choisis pour cette leçon de cinéma... Pour la petite info (pub) cette intervention faisait partie du programme de la chaire UNESCO de Nice "Imaginaires et Mythes de la Méditerranée". Michel Simon, l'animateur du débat était au bord de l'attaque et Pascal Gaymard cherchait déséspérément une pelle-bêche pour creuser un trou dans lequel se mettre... Ceci dit, il faut reconnaitre qu'ils ont tous eu du mérite !! Accueillir pareille sommité dans un espace aussi confiné, avec des moyens qui restent somme toute assez sommaires, fallait avoir le courage de relever le défi... Alors rien que pour ça, je leur dis bravo, et les encourage à persévérer. La prochaine sera meilleure, peut-être même LA bonne !! Tant qu'il y a la volonté...
Coté "officiels" seule Fophie Duez est venue, pour... changer un peu d'air... forcément !!

Voici un passage de l'interview que j'ai retenue, je pense que cela fera plaisir aux amateurs...
Michel Simon : Comment naissent les idées?
Théo Angelopoulos : Elles ne naissent pas à proprement parler, elles s'imposent à vous comme l'amour, s'immiscent dans votre vie, vous dormez la nuit elles vous réveillent, vous y pensez !! Vous faites l'amour, vous y pensez !!

"J'avais envie de faire un film sur un enfant qui tenterait de passer la frontière grecque vers la Bulgarie. J'ai contacté le service des armées grecques et le plus haut gradé m'a dit "je vais vous donner mon meilleur élément !!" Il s'est avéré que ce militaire était un cinéphile... un militaire qui pensait !! Il m'a dit "Je sais exactement ce qu'il vous faut !!" Il m'a emmené à la frontière entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie. Là il y avait un pont, et au sol, une ligne bleue marquant la frontière grecque,plus loin une blanche pour la neutralité et enfin une rouge pour la Turquie... le militaire a mis un pied sur la ligne bleue, puis a levé son autre pied et l'a laissé en suspension en me regardant. il m'a dit "Si je pose mon pied là, je suis en Turquie". En face, derrière la ligne rouge il y avait des militaires armés...
Puis nous sommes allés dans le village voisin, et là il y avait un type avec un gilet jaune qui réparait une ligne téléphonique. Il était perché là-haut et à coté de sa tête j'ai vu un énorme nid de cigogne... J'avais mon titre... le film s'est fait après"

1 commentaire:

Dominique a dit…

Merci pour ces extraits. Je voulais y aller (avec Jojo) mais j'ai craint une grande bousculade à l'entrée qui m'a fait renoncer... J'ai regretté.

Comment peut-on ne pas aimer (très fort) "Le pas suspendu de la cigogne" ou "L'Eternité et un jour" ? Ou tous les autres films de Théo ? Comment ne pas être sensible à la beauté des images, au message universel ?