jeudi 27 mars 2008

29 - Univers

Comme le noir peut parfois devenir un terrible ennemi… même la lumière des étoiles n’est plus assez vaillante pour éclairer le chemin trop obscur…. Malheureuse petite chandelle à l’insignifiante flamme fébrile qui lutte courageusement contre un adversaire bien trop puissant…

On passe nos vies à avancer à pas de cul de jatte sur un sol inexistant… et pourtant il se dérobe encore… le fictif reste encore et toujours plus fort… il s’évanouit… disparaît… ne reste que la lourdeur du vide… un vide toujours plus dense… se partageant équitablement et dans la plus grande harmonie, l’espace avec le néant… et les soi disant balises que l’on prenait pour des repères s’effacent sous nos yeux… regard implorant impuissant face à la débâcle, se tournant vers cet infini dont personne ne veut et qui terrifie tellement…

Univers inaccessible et ouvert à tous, où se joue la trame de vies à peine entamées… encore moins acheminées…

Soirées mondaines de la jetset pseudo intello dont les protagonistes se gavent de petits fours truffés d’incompréhension, de fausses certitudes, de méconnaissance… buffet de mensonges savamment enrobés d’appétissante hypocrisie et dans lequel chacun pioche avec la plus grande délectation, gardant l’attitude digne et droite de l’élitiste qu’il se croit… et pourtant… s’il pouvait se voir le soi disant béni… s’il pouvait contempler son reflet… petit joueur sybarite tout juste capable de miser une misère en implorant ardemment toucher le gros lot… se fortifiant allègrement dans son abjecte compassion égocentrique… persuadé d’avoir trop payé la vie et quémandant un remboursement du trop perçu… pas un instant il ne voit que la vie donne bien plus qu’elle ne pourrait prendre… et pas une seconde il n’envisage que c’est lui qui fait payer son manque cruel de vision… pas un instant…

Et de continuer leur chemin, les véritables prêcheurs investis de cette sublime flamme de clairvoyance, ces êtres de liberté totale se brûlent mortellement au contact des murs du refus… habitués qu’ils sont à se mouvoir dans l’infinité du possible ils ne peuvent malgré la ferveur et la sincérité de leurs offrandes amener l’inculte, enfermé hermétiquement dans sa matrice de réalité visible et soi disant concrète, à les rejoindre dans ce monde qui les tétanise tant et qu’il repoussent du plus profond de leur ignorance…

Offre la liberté au prisonnier et il te tend la clef de ses chaînes…

Novembre 2002

7 commentaires:

claudio a dit…

Vu et lu.

Anonyme a dit…

moi aussi !!!!ange

"Quel souci la Boétie (on dit han, han, han, han, haaaaan)" a dit…

Lu et éprouvé, alors ...

Un parfum de buffet électoral, ton billet, ou je me trompe à demi?
Un détail pour la fin(e bouche): si le prisonnier te tend la clef de ses chaînes, n'est-ce pas pour que tu l'en libères? Si oui, alors c'est qu'il est sur un chemin que tu estimes bon, non? Si tu songeais là à imager l'attitude du serviteur volontaire, j'aurais dit plutôt: "il avale la clef de ses chaînes"; ou bien il change la combinaison, si c'est un esclave high-tech. Ce que j'en dis, me diras-tu ...

Et si la liberté n'était qu'une question de perspective à géométrie variable: plus le gaillard a la vue étroite, moins il a de "chances" d'apercevoir les limites de son champ d'horizon? Une course au point à l'infini, perdue d'avance donc.
Dans ce cas, je renvoie à la fameuse formule ambiguë selon laquelle "heureux, les pauvres en esprit". Ou bien "heureux les pauvres, en esprit"? Une virgule vous manque, et bla bla bla ...

F&H

Sijavéssu a dit…

Ah Schangels tu me déçois un chouia sur ce coup là c'était pourtant un sujet taillé sur mesure où tu aurais pu exprimer autre chose que du facile... Arf la presionnnn la gueuse !!!
Hmm tu me la joues sportif de canapé hein c'est ça? héhé...
Bon...
tu te vautres total (pas à moitié), ce n'est pas un post aux relents électoraux... ça va suis pas pavlovisée non plus... les mots et leurs limites... hmmm? encore une question de liberté là aussi...
si le prisonnier te tend ses clefs, c'est qu'il les a... pourquoi alors demander à l'autre de te détacher si tu peux le faire? aux portes de l'asyndète non? il te tend ses clefs pour que tu les gardes et lui garde ses chaines...mais soyons honnête, ta remarque n'est pas totalement infondée... il eut été plus judicieux en effet de dire qu'il t'offre ses chaines, à savoir pour que tu les passes toi aussi... Même si ton image est bien plus proche de mon idée j'ai du mal avec la déglutition du sésame désolée...

évidemment que la liberté est une question de perspective à géométrie variable... évidemment !! mais surtout pas QUE ça... (bizarre, ça me rappelle un dial... )et bien sur que plus la vue est étroite moins le champs d'horizon est ouvert... c'est de la logique pure...
Par contre je réfute violemment ta sacro sainte expression d'heureux les simples d'esprit avec ou sans virgule... car vois tu un soi disant simple d'esprit peu s'ouvrir bien d'avantage qu'une éminence grise... il est selon moi question de volonté d'évolution, d'épanouissement plus que de capacités intellectuelles... c'est bien là que le bât blesse...
C'est dommageeee !! am et am et amstragram bour et bour et ratatam...

doulos a dit…

Pas très charitable, l'athée niçoise ... impitoyable avec ma lecture peu charitable, car je pense qu'en général on ne tend pas une clef pour la délaisser mais bien plus pour demander de l'aide. Question d'exégèse, dira-t-on.
Liberté sans entendement? Pas sûr du coup, même s'il est vrai que l'on en sait toujours d'autant moins lorsque l'on en sait beaucoup. Traduction: mieux on conçoit la hauteur d'une montagne, plus on a tendance à se décourager. La liberté pour l'action et sans connaissance, une seule question de volonté?
Si Dieu existe, j'ai du mal à concevoir qu'il nous ait donné le pouvoir de la conscience sans raison.
Ce que j'en dis, bis ... (je te tiens, tu me tiens, par ...)
F&H

Sijavéssu a dit…

j'adore quand tu lâches pas le morceau, d'autant plus quand suis en désaccord...
Arrête de penser... réfléchis !! C'est une extrapolation !! ton "en général" n'a pas lieu d'être, primo... tu ramènes à une généralité une situation particulière même si propre à la majorité... tu me suis là?
exégèse mouais, esprit de contradiction plutôt :))
Creusons un peu alleZ... en effet, EN GENERAL, on ne tend pas une clef pour la délaisser, mais une fois encore, si la clef tu l'as, tu ne la tends pas, tu t'en sers... ok? donc dans le cas présent, et celui-ci seulement, à savoir celui dont je parle, tendre la clef alors que tu l'as déjà c'est la rendre... la refuser...

C'est quoi ce minimalisme manichéen là? ai-je parlé de volonté uniquement? il ne me semble pas... j'ai dit qu'il es PLUS question et non UNIQUEMENT question de... Liberté sans l'entendement évidemment !! pourquoi non?

Que vient faire dieu là dedans? restons entre athées veux-tu, parce que si tu commences à rameuter des potes ça va se corser...

doulos sans moëlle a dit…

Tu prends tes visiteurs pour des bêtes de foin, à les prévenir du changement d'heure. Meuuhhhhhhhh!!!!!

Mais revenons plutôt à l'histoire des clefs. "C'est le dernier qui a parlé qui a raison", comme disait une beurette (Amina?) invitée à l'Eurovision il y a une quinzaine d'années ... ça tombe bien, je n'ai plus rien à dire. Voila, c'est dit.
En parlant de clefs: matez tous "Les clefs de bagnole" de Laurent Baffie, notamment le numéro hilarant de Galabru. Bien avant les Ch'tis ...
F&H